Archi-Strasbourg

Toute l'architecture de Strabourg sur le Web

Le site collaboratif Archi-Strasbourg vient d'atteindre le seuil symbolique de 10 000 bâtiments et lieux soit près de la moitié des bâtiments strasbourgeois. Forts de ce succès, nous souhaitons aller plus loin et lançons le projet Archi-Wiki, pour recontextualiser le contenu strasbourgeois tout en améliorant fortement le site actuel.

Nous sommes lauréats du concours SCAN organisé par la Ville de Strasbourg pour le projet « Archi-Wiki », qui nous a permis de remporter 20 000 euros. Nous venons également de recevoir le prix d'Honneur 2014 des Amis du Vieux Strasbourg, pour notre site web Archi-Strasbourg.

Archi-Wiki est un projet citoyen, qui vise à donner l'accès à la connaissance architecturale et historique, à travers ses bâtiments, à tous et gratuitement.

Sur Archi-Wiki, nous recenserons, pour commencer, les bâtiments dans d'autres villes, en lien avec les architectes strasbourgeois. Les maîtres d'oeuvres de la ville ont travaillé dans beaucoup d'autres villes européennes (Baden-Baden, Karlsruhe, Berlin, Colmar, Mulhouse...). Le recensement dans d'autres villes se fera progressivement en fonction de l'intérêt de nouveaux groupes de bénévoles.

A ce jour, près de 80% du budget est financé soit 33 470 euros sur un total de 42 120 euros. Nous sommes soutenus financièrement par plusieurs acteurs institutionnels tels que la Ville de Strasbourg, le député Armand Jund ou la DRAC. Divers dons de particuliers complètent ce budget.

 Nous sollicitons pour le solde, moins de 10 000 euros, un financement citoyen via la plate-forme de financement participatif ULULE. Nous avons jusqu’au 27 décembre pour trouver cette somme, ce qui est très court. Il faut partagez l'info sur les réseaux sociaux. D'avance merci !

Les dons sont déductible fiscalement jusqu'à 66% pour les particuliers. Un don de 100 euros ne vous coûtera après déduction d'impôt que 34 euros.

Ce projet est porté par l'association d'intérêt général Archi-Strasbourg, dont l'objectif est de rendre accessible gratuitement la connaissance architecturale et qu'elle soit réutilisable par tous. Notre contenu est un bien commun, comme Wikipédia. L'association s'inscrit dans la société des connaissances et les mouvements « share », de partage pour la création d'un nouveau type de société plus solidaire. Ce mouvement est défendu par un nombre important d'auteurs, de philosophes, de sociologues et de plus en plus d'économistes.

Pour nous soutenir et participer à la création du projet « Archi-Wiki » :
http://fr.ulule.com/archi-wiki/

Avec ce projet nous pouvons prouver qu'en tant que citoyen avec peu de moyens financiers mais beaucoup de volonté, nous pouvons faire beaucoup. Ce budget de 42 000 euros est faible en regard du service rendu à 400 000 visiteurs annuels sur notre site actuellement. Avec Archi-Wiki nous devrions avoir à terme beaucoup plus de visiteurs.


Fabien Romary
Président et fondateur d'Archi-Strasbourg

Michel Krieger juin 2000

Michel Krieger juin 2000

La place de l’artiste dans la ville

S'il pouvait exister un doute sur la pertinence de la question de la place de l'artiste dans la ville, les debats
qui entourent toute proposition d'intervention artistique a Strasbourg suffiraient a dissiper toute interrogation.
Deja beaucoup est dit.
La presence de l'artiste dans la ville se marque essentiellement, aux yeux du public, par la presence de
son oeuvre d'art, qui est la trace de son passage. Pour moi, la question de l'artiste dans la ville va bien
plus loin. Elle interroge sur le rapport qui nait de la presence d'un artiste, dans une ville, de l'interaction
qui s'opere par la seule presence d'un ferment de creativite dans un univers urbain plus ou moins rationalise.
Je crois, en prealable, necessaire d'evacuer un certain nombre de debats qui m'apparaissent faux.
Celui sur l'art officiel, d'abord. Il est bien evident que le secteur public est un interlocuteur privilegie de l'artiste,
par la creation de structures, de lieux, par la subvention, par la commande publique. Cette histoire est
ancienne, et commence avec l'apparition meme de l'artiste en tant que tel dans notre societe, c'est-a-dire
vers le XIIe siecle en Italie, ou pour la premiere fois depuis l'Antiquite une oeuvre d'art etait signee,
la distinguant d'un element decoratif d'un ensemble plus vaste, resultat collectif de l'intervention d'artisans
pratiquement anonymes.
Dans cette Italie ou apparait l'artiste, ou bientot naitra cette revolution esthetique et intellectuelle qu'est
la Renaissance, le mecenat est la regle et l'artiste dialogue avec le prince, qu'il soit feodal ou ecclesiastique.

Cela, bien sur, pose la question du choix qu'effectue le politique, quel qu'il soit et quels que soient
d'ailleurs les conseils dont il s'entoure, qui ne sauraient le premunir contre l'erreur dont l'appreciation
releve, elle, de l'histoire de l'art. En France aujourd'hui, ce rapport entre l'artiste et le politique est bel et
bien celui du mecenat, du choix au risque d'erreurs. A une periode de quasi-indifference a succede une
sorte de frenesie ou le politique a vu dans la defense et la promotion de l'art contemporain la facette
necessaire a la constitution d'une image valorisante.

Dans les vingt dernieres annees, centres de creation, musees d'art contemporain, lieux, sites,espaces,
ont prolifere au point de se gener l'un l'autre, sans que pour autant le fosse qui separe l'esthetique
ambiante et l'art contemporain ne semble se combler.
La encore, l'histoire nous sera utile. Les biographies des grands artistes du passe temoignent assez que
l'art contemporain n'a jamais veritablement ni surtout immediatement ete adopte par la societe dans laquelle
il intervenait. A l’inverse, si notre art contemporain peut apparaitre comme exterieur a la societe, force est de
convenir qu'il ne l'est pas bien longtemps. Les musiques de nos boites de nuit, de nos raves et de nos
parades, decoulent tres directement des recherches de l'entre deux guerres. Le vetement, les melanges
de couleurs aujourd'hui admis, eussent ete impensables il y a trente ans et la publicite si presente dans notre
environnement visuel et acoustique s'inspire des productions de l'art contemporain les plus recentes.

Ainsi, l'art contemporain est present dans la ville. Cela ne resout en rien la question sur la place de
l'artiste dans la ville qui, elle, est infiniment plus complexe. Elle est a notre epoque cruciale, aussi.
L'emergence de la societe de l'information doit s'accompagner du renforcement d'une industrie du contenu.
Dans ce cas-la, la creativite souvent negligee devient un produit a tres haute valeur ajoutee. Le glissement
progressif qui s'opere entre la Silicon Valley et les centres intellectuels que sont San Francisco et New York
montre assez que, dans l'avenir, ce n'est pas l'informatique pure qui prevaudra mais bel et bien les
contenus que ces techniques vehiculent, amplifient et transforment. Dans ce contexte, l'innovation
intellectuelle est un atout pour une Europe qui dispose d'un capital culturel considerable et d'une
place dans le monde des arts et de l'intelligence sans commune mesure avec son poids demographique
ou economique.
Les centres urbains, qui sont aujourd'hui l'Europe tant le basculement est massif, doivent donc aujourd'hui
envisager totalement differemment la place de l'artiste.
Les vingt dernieres annees ont ete marquees par l'etouffement de la vie intellectuelle et artistique urbaine
au benefice d'un conformisme etrique cense etre le cadre necessaire de l'expansion economique classique.
Parallelement l'art, et l'art contemporain, encense, venere, subventionne, etait par cela meme retire de
la ville et de la vie, sterilise dans des lieux ad hoc,lyophilise dans des musees, et les discours etaient d'autant
plus elogieux qu'ils tendaient a l'oraison funebre.
Cet art retire, confisque par les classes dirigeantes, transforme c'est-a-dire petrifie en culture d'une facon
presque immediate, n'avait pas sa place en tant que flux, en tant que fluide vital,dans la ville.
L'artiste non plus. Il etait une etiquette au musee, un personnage medaille comme un boeuf de concours,
un etre dont la dangerosite propre devait etre contenu dans une camisole de lumiere.
Aujourd'hui, la ville a besoin de l'artiste, besoin de son regard, de son odeur, de sa vie. Non comme
suppletif des carences sociales, mais comme ferment de richesse.
L'artiste, s'il est citoyen, ne l'est pas plus qu'un autre et le politique ne peut demander a l'artiste,
qualifie d'engage comme on le dirait d'un parachutiste, de prendre la mauvaise part des responsabilites.
Si nous voulons concevoir ce que peut etre la ville de demain, et la place que l'artiste doit y occuper,
alors il faut revenir a une clarification du role du politique qui permettra ensuite a chaque acteur de jouer
le role qui est le sien.
L'artiste dans la ville est bien sur porte-parole, avant-garde citoyenne et subjectivite decalee.
Mais il ne peut l'etre vraiment et utilement que pour autant que la ville lui en laisse le champ.
Nos villes ont besoin, doivent donner une place au desordre, a la difference, a la fermentation.
Elles doivent accepter la secretion des marges, des franges, des fissures. Elles doivent souhaiter la critique,
la provocation parce que c'est le moteur de leur intelligence collective,parce que c'est le ferment de notre
creativite et la condition, aujourd'hui, de la prosperite. La ville doit pouvoir dire et temoigner dans ses arteres
de ce qu'est notre societe en devenir.
L'artiste peut, dans la ville, temoigner de la mondialisation non pas comme etant un slogan justifiant toutes
les contraintes et les oppressions mais comme une chance d'ouverture, de curiosite, de decouverte, de beaute.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit, et c'est en cela que patrimoine, culture et art partagent le meme destin :
notre societe, en la sanctifiant, a confisque la beaute, nous l'avons retiree de la vie de la ville pour
l'enchasser dans les lieux de pouvoir, et cette beaute construite, batie et financee par les citoyens,
il est temps aujourd'hui de la leur restituer. C'est cela, pour moi, qui caracterisera le role de l'artiste
dans la ville. Que chacun d'eux participe a la fermentation, a l'echange, a l'ouverture, que chacun d'eux
fasse qu'autour de lui, par son action, les citoyens se reapproprient la creativite qu'on leur a confisquee.
Qu'elle s'exprime dans leur jardin, dans leur maison, dans leurs vetements, dans leur facon de bouger et
d'etre, qu'elle s'exprime dans leur participation au projet de ville qui les interesse, qu'elle soit une revendication
massive de voir la beaute revenir dans la ville.

Pour cela il faut que la ville soit desirante de beaute. Cela sous-entend que les possibilites de commande
publique soient largement exploitees. C'est ce que nous avons fait pour le tramway de Strasbourg ou
plasticiens, musiciens, ecrivains ont ete convies a jalonner les parcours du tramway d'autant de portes
ouvertes sur l'imaginaire. Ce ne sont la que des jalons, qui doivent liberer la creativite, susciter chez les
habitants du reve et du desir de beaute. Cela sous-entend que la ville, dans ses projets d'urbanisme,
dans ses constructions monumentales, se preoccupe de l'ensemble du paysage urbain, de la sollicitation
que le nouvel objet, le nouveau paysage va creer, engendrant autant de creativite chez les habitants
qu'il en a recu de son createur.
Il faut qu'elle sache l'accueillir, qu'elle sache reunir les conditions qui permettront cet echange fructueux
entre cette accumulation de la creativite manifeste qu'est le patrimoine, le paysage de la ville tel que les
siecles l'ont faconne, qui influera l'artiste qui, a son tour, creera, influencant la ville, y deversant le miel d'un
imaginaire nouveau. La nous avons un vaste retard a rattraper.
Enfin il faut a l'artiste un air du temps, une masse urbaine critique, une ambiance de ville qui  suscite
suffisamment de pulsation, d'excitation intellectuelle et artistique. Il y entre des parcs et des paysages,
des passages et des labyrinthes, des detours et des rayons de lumiere, il y entre un son de ville,
un bruit de ville. L'artiste peut lui apporter son exigence dans le debat public, son regard lucide et sa
tendresse. Alors la ville tout entiere produira de nouvelles images et de nouveaux sons, un mouvement
plus juste, une sociabilite plus sensible, ce rien de fete et d'humanite.
M.Krieger juin 2000

Donation Bailly Maître-Grand

STRASBOURG Musee d’art moderne et contemporain Magique

Donation du photographe Patrick Bailly-Maitre-Grand

Son travail figure dans les prestigieuses collections du MoMA de New York comme du Centre Pompidou
a Paris : illusionniste de la lumiere et reenchanteur du reel, le photographe Patrick Bailly-Maitre-Grand
s’apprete a effectuer une importante donation au profit du Musee d’art moderne et contemporain de
Strasbourg, sa ville d’adoption.
L’affaire passera en seance du conseil municipal de Strasbourg en octobre prochain. Sauf
rebondissement de derniere minute, elle officialisera un enrichissement important du fonds photographique
du Musee d’art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS).
C’est en effet une donation portant sur une centaine de pieces que le photographe Patrick Bailly-Maitre-Grand
s’apprete a effectuer. Age aujourd’hui de 67 ans, n’ayant aucun heritier susceptible de defendre son ?uvre
apres sa mort, l’artiste s’etait decide a aller frapper a la porte du MAMCS il y a pres de trois ans, craignant
« de voir un jour se disperser tout mon fonds d’atelier ».
Le choix de Strasbourg s’imposait pour l’artiste, d’origine parisienne mais installe depuis plus de trente ans
dans la capitale alsacienne. « Je dois beaucoup a cette ville, mais aussi a son musee d’art contemporain
dans les collections duquel je figure. D’ailleurs, le MAMCS m’avait consacre une belle exposition en 2000. »
Le soutien de la Bibliotheque nationale de France
Ancien conservateur charge du fonds photographique du MAMCS, aujourd’hui a la retraite, Sylvain Morand
s’etait alors rejoui de la demarche de l’artiste. « Patrick est un createur d’une envergure exceptionnelle !
Je considere que c’est un honneur qu’il nous fait en nous proposant cette donation », dit-il aujourd’hui,
regrettant meme que le corpus retenu n’ait pas ete plus ambitieux. « Comment effectuer un choix a travers
une ?uvre aussi foisonnante ? », interroge-t-il, se felicitant cependant d’une donation qui serait
« la plus importante depuis une vingtaine d’annees, a Strasbourg, dans le domaine de la photographie !
Il faut revenir a l’entree du fonds de Jacqueline Rau, en 1992, pour trouver un equivalent. »
De son cote, Heloise Conesa, conservatrice du MAMCS en charge du suivi administratif de la donation,
rappelle que lors du montage du dossier aupres du ministere de la Culture, la Bibliotheque nationale de
France avait, dans une « note d’opportunite », insiste sur la legitimite de l’entree d’un tel ensemble,
constitue de 102 ?uvres issues de 27 series, dans les collections municipales strasbourgeoises.
« Bailly-Maitre-Grand etait deja present avec 19 ?uvres, acquises en 1985 et 2008. Nous disposerons
desormais d’un large panorama de sa production », se rejouit-elle.
Si l’artiste avait deja eu les honneurs du Musee d’art moderne de Strasbourg, c’est une exposition autrement
plus consequente qui devrait etre organisee d’ici 2015. « Elle rendra hommage a un createur qui compte
parmi les grands photographes francais actuels, comme on le constate d’ailleurs dans les principales
monographies ou il apparait inevitablement », poursuit Heloise Conesa.
L’occasion sera alors donnee a un public plus large, depassant le seul cercle des amateurs de photographie
contemporaine, de decouvrir un artiste dont le travail est traverse par une poesie attachante qui touche
a l’universel. Elle parle, avec une elegante melancolie, du temps, de l’empreinte, des traces, de la memoire,
de la finitude humaine…
Belle donation, en effet, que cette donation-la.

 

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