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Rendez-vous sur place à Durbach pour l’exposition (possibilté de covoiturage)

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Deux mondes à part – l’entêtement sous plusieurs formes
Visions du monde dans l’art allemand avant 1989
Le 19 janvier 1989, Erich Honecker, chef d’État de la République Démocratique d’Allemagne et chef du parti, prétendit que le mur existerait encore 50 ou 100 ans plus tard. Au cours de la même année, sa confiance se révéla être une erreur puisque les frontières entre l’Allemagne de l’est et l’Allemagne de l’ouest se sont ouvertes le 9 novembre et que la réunification a marqué une nouvelle étape dans l’histoire allemande. Presque 30 ans se sont écoulés entre la construction du mur et sa chute; la séparation politique en Allemagne a duré 40 ans, ce qui a également fortement marqué la scène artistique de part et d’autre de la frontière.

Au 25ème anniversaire de la chute du mur, l’exposition “Deux mondes à part – l’entêtement sous plusieurs formes. Visions du monde dans l’art allemand avant 1989” vient mettre en lumière les voies qu’ont empruntées les artistes de l’est et de l’ouest sans réduire pour autant les deux scènes artistiques au contraste opposant les deux systèmes politiques. Si l’on part de la dernière exposition d’art transfrontalière tenue à Dresde en 1946 où les origines communes et les courants artistiques abstraits et figuratifs de l’époque deviennent évidents, l’on se pose la question fascinante qui est celle de savoir comment des artistes qui se sont imposés dans leur milieu respectif sont parvenus à s’arranger des contraintes ou encore quelles ont été les formes d’entêtement artistique développées. Car tandis que l’art allemand de l’est est réprimé par le système politique, l’art allemand de l’ouest subit progressivement les pressions liées aux exigences du marché de l’art capitaliste.
Quatre mots-clés, le renouement, le départ, l’évasion et le développement ultérieur mettent en lumière l’entêtement sous des formes artistiques choisies, à l’est comme à l’ouest. C’est ainsi que des académies de l’est et de l’ouest ont tissé des liens nouveaux; la ville de Halle par exemple, où a également enseigné Willi Sitte, montre de nombreuses ressemblances avec l’académie de Karlsruhe (HAP Grieshaber avec ses élèves Horst Antes, Heinz Schanz et Walter Stöhrer entre autres) en ce qui concerne son début académique d’après-guerre, alors que les deux académies étaient liées l’une à l’autre en raison de l’exode dans les années 50 (par exemple Herbert Kitzel). Le courant artistique informel signifia par contre un départ qui ne se limitait en aucun cas à l’Allemagne de l’ouest avec ses groupes bien organisés tels “Junger Westen” avec Emil Schumacher comme meneur, mais était aussi représenté à Dresde par Hans Christoph par exemple, artiste parmi d’autres qui allait à l’encontre les directives artistiques de l’État. L’école de Leipzig répondait mieux à ces directives avec des artistes tels que Werner Tübke et Wolfgang Mattheuer, même si ses thèmes analysant la société lui ont en partie valu une relation tendue avec les idéaux du réalisme socialiste. Entretemps, il se développa à Berlin ouest une variante de l’art figuratif qui fit son entrée dans le grand public grâce à la galerie du fabriquant Großgörschen 35 (Karl Horst Hödicke, Bernd Koberling et Markus Lüpertz entre autres), une unité de vente organisée par les artistes eux-mêmes.
Ce sont cependant les collectivités qui firent place à l’envie d’évasion dans les années 70 et 80: à l’est, les principaux représentants étaient la Dresdner Lücke TPT (avec Ralf Winkler/ A. R. Penck et Peter Herrmann comme meneurs) et Clara Mosch de Karl-Marx-Stadt (Michael Morgner, Thomas Ranft), à l’ouest la collectivité munichoise Herzogstraße (Heiko Herrmann, Helmut Sturm entre autres). En 1984, le 1er Herbstsalon (“salon d’automne”) de Leipzig donna la possibilité aux collectivités artistiques émergentes de rendre publiques leurs œuvres, rebelles et ambitieuses. Dans les années 80 néanmoins, les premiers signes d’une dissolution se font sentir; l’évolution artistique devance la fin de la séparation politique et rend définitivement absurde la classification entre l’art abstrait de l’ouest et l’art figuratif de l’est.
Nombreux sont les artistes à l’écart des grands courants et tendances qui résistent à toute catégorisation et qui démontrent au travers de leur caractère unique justement que la liberté artistique, précisément des formes d’entêtement, peuvent s’imposer malgré des conditions difficiles. L’exposition nous mène à travers les évolutions de l’histoire de l’art allemande pendant la séparation politique, découvrant et révélant pas à pas les nombreuses facettes de l’art allemand d’avant 1989, et livre un aperçu de la diversité artistique dans les deux systèmes politiques compte tenu des origines communes.
Des prêts non négligeables de Berlin, Dresde, Halle et Leipzig entre autres viennent compléter les fonds déjà importants de la collection Hurrle. L’exposition compte plus de 180 pièces.

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